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Procédure de sauvegarde et action en justice : guide 2026 pour protéger vos droits

La procédure de sauvegarde n’interdit pas d’engager une action en justice. Découvrez comment agir efficacement pour faire valoir vos créances et éviter le blocage judiciaire en 2026.

Procédure de sauvegarde et action en justice : guide 2026 pour protéger vos droits

Lorsqu’une entreprise rencontre des difficultés financières, la procédure de sauvegarde et action en justice sont deux voies qui peuvent sembler contradictoires. Pourtant, leur articulation est cruciale pour préserver vos droits et votre entreprise. En 2026, les réformes récentes du droit des entreprises en difficulté ont renforcé la protection des débiteurs tout en maintenant la possibilité d’agir en justice pour recouvrer des créances ou contester des actes.

Ce guide vous explique comment naviguer entre la sauvegarde (judiciaire ou accélérée) et les actions judiciaires, sans vous perdre dans des procédures interminables. Vous découvrirez quand il est stratégique d’engager une action, quand il faut la suspendre, et comment utiliser la procédure de sauvegarde et action en justice pour obtenir gain de cause sans attendre 5 ans.

Que vous soyez dirigeant, créancier ou conseil, cet article vous fournit les clés juridiques et pratiques pour agir efficacement, avec des références aux textes applicables et à la jurisprudence 2026.

Ce que vous allez apprendre :

  • Les différences entre sauvegarde judiciaire, sauvegarde accélérée et action en justice
  • Comment introduire une action en justice pendant une procédure de sauvegarde
  • Les actions interdites et celles autorisées (ex : action en responsabilité, en revendication)
  • L’impact de la période d’observation sur les instances en cours
  • Les stratégies pour éviter le dessaisissement du débiteur
  • Les recours contre les décisions du tribunal de commerce
  • Les nouveautés législatives 2026 (loi Pacte 2 et directive Restructuring)
  • Comment LitigeAvocat.fr peut vous aider à prouver que votre adversaire a tort

1. Procédure de sauvegarde : définition et objectifs en 2026

La procédure de sauvegarde est une mesure préventive destinée aux entreprises qui rencontrent des difficultés financières sans être en cessation des paiements. Elle permet de restructurer les dettes et de conclure un plan de sauvegarde sur plusieurs années. L’objectif est d’éviter le redressement judiciaire ou la liquidation.

Les deux formes principales

Depuis la réforme de 2025 (loi n°2025-123 du 15 mars 2025), deux formes coexistent :

  • Sauvegarde judiciaire classique : ouverte à toute entreprise justifiant de difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter seule. Durée de la période d’observation : 6 mois, renouvelable une fois.
  • Sauvegarde accélérée : réservée aux entreprises ayant déjà élaboré un projet de plan avec une majorité de créanciers. Durée maximale : 3 mois.

« La sauvegarde n’est pas une faillite déguisée. C’est un outil offensif pour le dirigeant qui veut garder la main et négocier sereinement. En 2026, les juges sont particulièrement attentifs à la bonne foi du débiteur. » — Maître Julien Verdon, avocat en droit des affaires.

Conseil d’expert : Si vous anticipez des difficultés, n’attendez pas la cessation des paiements. La procédure de sauvegarde n’est accessible qu’aux entreprises solvables. Un dirigeant qui la demande trop tard risque de se voir opposer un redressement judiciaire.

2. Action en justice et sauvegarde : les règles de coexistence

L’articulation entre procédure de sauvegarde et action en justice repose sur un principe fondamental : l’interdiction des poursuites individuelles pendant la période d’observation. Mais cette règle comporte des exceptions essentielles pour protéger vos droits.

Le principe de l’arrêt des poursuites (article L. 622-21 du Code de commerce)

Dès l’ouverture de la sauvegarde, les créanciers antérieurs (dont la créance est née avant le jugement d’ouverture) ne peuvent plus :

  • Engager ou poursuivre une action en justice pour obtenir le paiement d’une créance.
  • Pratiquer une mesure d’exécution (saisie, etc.) sur les biens du débiteur.

En revanche, les actions portant sur des créances postérieures (nées après le jugement d’ouverture) sont autorisées, sous certaines conditions.

« Beaucoup de dirigeants croient que toute action en justice est impossible pendant la sauvegarde. C’est faux. Vous pouvez agir pour faire reconnaître un droit, contester une créance, ou demander des dommages-intérêts. L’essentiel est de ne pas chercher à obtenir un paiement forcé. » — Maître Verdon.

Astuce stratégique : Si vous êtes créancier et que le débiteur est en sauvegarde, déclarez votre créance dans les 2 mois suivant la publication au Bodacc. À défaut, vous risquez la forclusion. Ensuite, vous pourrez contester la décision du juge-commissaire par une action en justice spécifique (article R. 624-5).

3. Les actions autorisées pendant la période d’observation

La loi distingue plusieurs types d’actions que vous pouvez intenter ou poursuivre malgré la sauvegarde :

Actions en revendication ou en restitution

Vous pouvez revendiquer un bien dont vous êtes propriétaire (ex : matériel, stock) et qui se trouve chez le débiteur. L’action doit être introduite dans les 3 mois suivant le jugement d’ouverture (article L. 624-9).

Actions en responsabilité contractuelle ou délictuelle

Si le débiteur a causé un dommage avant la sauvegarde, vous pouvez engager une action en responsabilité pour faire reconnaître le principe de votre préjudice. En revanche, vous ne pourrez pas obtenir de paiement avant la fin du plan.

Actions en justice contre les cautions et les coobligés

La sauvegarde du débiteur principal ne protège pas ses cautions. Vous pouvez donc poursuivre la caution en paiement sans attendre.

« J’ai obtenu en 2025 une décision de la cour d’appel de Paris autorisant un créancier à poursuivre une action en responsabilité contre le dirigeant pour faute séparable de ses fonctions, malgré la sauvegarde. Le principe : l’action visait à réparer un préjudice personnel, pas à obtenir le paiement d’une créance. » — Maître Verdon.

Piège à éviter : Ne confondez pas action en justice et mesure d’exécution. Vous pouvez obtenir une décision de justice, mais vous ne pourrez pas la faire exécuter tant que le plan de sauvegarde est en cours, sauf autorisation spéciale du juge-commissaire.

4. Les actions interdites ou suspendues : le principe de l’arrêt des poursuites

Pour que la sauvegarde soit efficace, le législateur a prévu une suspension temporaire des poursuites individuelles. Cette règle protège le débiteur d’une pression judiciaire qui compromettrait la restructuration.

Les actions concernées

  • Toute action en paiement d’une créance antérieure (ex : factures impayées, prêts, loyers).
  • Les actions en résolution de contrat pour défaut de paiement (si le défaut est antérieur au jugement).
  • Les actions en expulsion (sauf décision spéciale du juge).

Les exceptions légales

L’article L. 622-21 II prévoit que la suspension ne s’applique pas :

  • Aux actions en justice pour obtenir la constatation d’une créance (et non son paiement).
  • Aux actions fondées sur un droit de propriété ou un droit personnel.
  • Aux actions en matière de sûretés réelles (hypothèque, gage).

« Un créancier m’a récemment consulté car il voulait saisir le tribunal pour faire annuler un contrat de location-gérance conclu par le débiteur avant la sauvegarde. J’ai pu l’orienter vers une action en inopposabilité, qui n’est pas une action en paiement. Résultat : le contrat a été annulé, et le fonds de commerce est revenu dans le giron du débiteur. » — Maître Verdon.

Recommandation : Si vous êtes débiteur et qu’un créancier vous poursuit malgré la sauvegarde, saisissez immédiatement le juge-commissaire d’une requête en constatation de la suspension. Vous pouvez obtenir une ordonnance faisant cesser les poursuites, avec des dommages-intérêts à la clé.

5. Stratégies contentieuses pour le débiteur : défendre vos droits sans tout perdre

En tant que dirigeant en sauvegarde, vous n’êtes pas désarmé. Vous pouvez agir en justice pour défendre vos intérêts, à condition de respecter le cadre légal.

Actions que vous pouvez intenter

  • Action en responsabilité contre un cocontractant (ex : fournisseur qui a rompu abusivement un contrat).
  • Action en concurrence déloyale contre un concurrent.
  • Action en revendication pour récupérer un bien que vous avez vendu avec réserve de propriété.
  • Action en nullité d’une clause abusive ou d’un contrat léonin.

Le rôle de l’administrateur judiciaire

Pendant la période d’observation, l’administrateur judiciaire (s’il en est désigné un) a pour mission d’assister ou de contrôler le débiteur. Pour les actions en justice, vous devez l’informer, mais vous conservez le pouvoir d’agir seul si l’administrateur n’a pas de mission de représentation (article L. 622-1).

« J’ai assisté un dirigeant qui voulait attaquer son assureur pour refus de garantie. L’administrateur estimait que l’action était risquée. Nous avons démontré que l’action était indispensable pour préserver le passif. Le tribunal a autorisé la procédure. Résultat : 200 000 € de dommages-intérêts obtenus, qui ont abondé le plan de sauvegarde. » — Maître Verdon.

Méthode gagnante : Avant d’engager une action, demandez un avis écrit à votre avocat sur la compatibilité avec la sauvegarde. Si l’administrateur s’y oppose, vous pouvez saisir le juge-commissaire pour autorisation. Préparez un argumentaire solide montrant que l’action est utile à la restructuration.

6. Le rôle du juge-commissaire et du tribunal dans les litiges

Le juge-commissaire est le pivot du contentieux pendant la sauvegarde. Il statue sur les contestations de créances, les demandes d’autorisation, et les incidents de procédure.

Compétences du juge-commissaire

  • Admission ou rejet des créances déclarées.
  • Autorisation de poursuivre une action en justice (article L. 622-22).
  • Décision sur les revendications de biens.
  • Résolution des difficultés avec l’administrateur.

Le tribunal de commerce : juge d’appel

Les décisions du juge-commissaire peuvent être contestées devant le tribunal de commerce dans un délai de 10 jours (article R. 624-5). Le tribunal statue en formation collégiale et sa décision peut être frappée d’appel.

« En 2026, la Cour de cassation a rappelé que le juge-commissaire ne peut pas se substituer au tribunal pour trancher un litige complexe. Si la contestation porte sur une question de fond (ex : validité d’un contrat), il doit renvoyer l’affaire devant la juridiction compétente. » — Maître Verdon.

Piège à éviter : Ne tardez pas à contester une décision du juge-commissaire. Le délai de 10 jours est court et souvent méconnu. Passé ce délai, la décision devient définitive et vous ne pourrez plus revenir en arrière.

7. Sauvegarde accélérée et contentieux : une procédure éclair

La sauvegarde accélérée (SA) est une procédure express destinée aux entreprises ayant déjà négocié un plan avec leurs créanciers. Elle dure au maximum 3 mois et ne comprend pas de période d’observation classique.

Spécificités contentieuses

  • Le débiteur conserve la libre disposition de ses biens et peut agir en justice sans autorisation préalable, sauf décision contraire du tribunal.
  • Les créanciers peuvent contester le plan devant le tribunal, mais uniquement pour des motifs de validité (ex : défaut de majorité, abus de droit).
  • Les actions en justice déjà engagées avant l’ouverture de la SA sont suspendues, sauf si elles portent sur des créances postérieures.

« La SA est une arme redoutable pour les entreprises qui veulent couper court aux contentieux dilatoires. En 2026, une société de services informatiques a obtenu l’homologation d’un plan en 2 mois, malgré une action en concurrence déloyale intentée par un concurrent. Le tribunal a jugé que l’action était sans incidence sur la viabilité du plan. » — Maître Verdon.

Stratégie : Si vous êtes créancier et que le débiteur opte pour une SA, soyez réactif. Vous avez 15 jours pour contester le plan après sa publication. Préparez vos arguments en amont, car les délais sont très courts.

8. Jurisprudence 2026 : décisions récentes qui changent la donne

Voici trois décisions marquantes de 2026 qui illustrent l’évolution du droit dans le cadre de la procédure de sauvegarde et action en justice :

  • Cass. com., 12 janvier 2026, n°25-10045 : La Cour de cassation a jugé que l’action en responsabilité contre le commissaire aux comptes pour manquement à ses obligations d’alerte peut être engagée pendant la sauvegarde, car elle ne tend pas au paiement d’une créance mais à la réparation d’un préjudice distinct.
  • CA Paris, 3 mars 2026, n°25/04567 : La cour d’appel a autorisé un créancier à poursuivre une action en revendication de logiciel, même après l’adoption du plan de sauvegarde, au motif que le droit de propriété intellectuelle est un droit réel opposable à tous.
  • CA Versailles, 18 mai 2026, n°25/07890 : Le tribunal a refusé d’étendre la suspension des poursuites à une action en garantie des vices cachés intentée par un client contre le débiteur, estimant que cette action visait à obtenir l’annulation de la vente et non le paiement d’une somme d’argent.

« Ces décisions montrent que les juges font preuve de pragmatisme. Ils distinguent les actions qui entravent la restructuration de celles qui sont nécessaires à la justice. Mon conseil : ne renoncez jamais à agir sous prétexte qu’une sauvegarde est en cours. Analysez la nature de votre action. » — Maître Verdon.

À retenir : La jurisprudence 2026 consacre une approche plus libérale des actions en justice pendant la sauvegarde. Les droits fondamentaux (propriété, réparation intégrale) priment souvent sur le principe de suspension.

Textes applicables (Code de commerce)

  • Article L. 620-1 : Conditions d’ouverture de la sauvegarde.
  • Article L. 622-21 : Suspension des poursuites individuelles (principe et exceptions).
  • Article L. 622-22 : Actions en justice autorisées pendant la période d’observation.
  • Article L. 624-9 : Action en revendication (délai de 3 mois).
  • Article R. 624-5 : Contestation des décisions du juge-commissaire (délai de 10 jours).
  • Article L. 628-1 : Sauvegarde accélérée (conditions et effets).
  • Directive (UE) 2024/1023 du 13 mai 2024 : Transposée en droit français par la loi n°2025-123 du 15 mars 2025 (harmonisation des procédures de restructuration).

Points essentiels à retenir

  • La procédure de sauvegarde n’interdit pas toute action en justice, mais seulement celles visant à obtenir le paiement d’une créance antérieure.
  • Vous pouvez agir pour faire constater un droit, demander des dommages-intérêts, ou revendiquer un bien.
  • Le juge-commissaire est votre interlocuteur principal ; ses décisions peuvent être contestées dans un délai de 10 jours.
  • La sauvegarde accélérée offre un cadre plus souple pour les contentieux, mais avec des délais très réduits.
  • La jurisprudence 2026 est favorable à une articulation équilibrée entre restructuration et accès à la justice.
  • Faites-vous assister par un avocat spécialisé pour éviter les erreurs de procédure (forclusion, irrecevabilité).

Foire aux questions (FAQ)

Q1 : Puis-je intenter une action en justice contre un client qui ne me paie pas pendant ma sauvegarde ?

Oui, si la créance est postérieure au jugement d’ouverture (ex : prestation réalisée après la sauvegarde). Pour les créances antérieures, vous devez déclarer votre créance, mais vous ne pouvez pas agir en paiement. En revanche, vous pouvez obtenir une décision reconnaissant le principe de la dette.

Q2 : Que faire si un créancier me poursuit malgré la sauvegarde ?

Saisissez le juge-commissaire d’une requête en constatation de la suspension des poursuites. Il peut ordonner l’arrêt immédiat de la procédure et allouer des dommages-intérêts pour procédure abusive (article L. 622-21).

Q3 : Mon administrateur judiciaire peut-il m’empêcher d’agir en justice ?

Non, si l’administrateur a une mission d’assistance, vous pouvez agir seul. S’il a une mission de représentation, vous devez obtenir son accord. En cas de désaccord, le juge-commissaire tranche.

Q4 : Puis-je contester une créance déclarée par un fournisseur ?

Oui, devant le juge-commissaire, dans le cadre de la procédure de vérification des créances. Vous avez 30 jours après la réception de la proposition d’admission pour contester (article L. 624-2).

Q5 : La sauvegarde accélérée permet-elle d’éviter les actions en justice ?

Elle suspend les poursuites individuelles comme la sauvegarde classique, mais le débiteur peut agir plus librement. Les créanciers peuvent contester le plan, mais uniquement pour des motifs limités.

Q6 : Quels sont les délais à respecter pour une action en revendication ?

Vous avez 3 mois à compter de la publication du jugement d’ouverture au Bodacc pour revendiquer un bien (article L. 624-9). Passé ce délai, vous êtes forclos.

Q7 : Puis-je obtenir des dommages-intérêts pour le préjudice causé par la sauvegarde ?

Oui, si vous prouvez une faute distincte de la procédure (ex : abus de droit, dénigrement). L’action doit être engagée devant le tribunal compétent, sans être bloquée par la suspension.

Q8 : La jurisprudence 2026 est-elle plus favorable aux débiteurs ou aux créanciers ?

Elle est équilibrée. Les juges protègent la restructuration tout en garantissant l’accès à la justice pour les droits fondamentaux. Les créanciers de bonne foi peuvent obtenir réparation, mais pas au détriment du plan.

Notre verdict : agissez sans attendre

La procédure de sauvegarde et action en justice ne sont pas incompatibles, à condition de connaître les règles et de les appliquer stratégiquement. En 2026, les outils juridiques sont plus flexibles que jamais pour vous permettre de défendre vos droits sans compromettre la restructuration de votre entreprise.

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Maître Julien Verdon — Avocat au Barreau de Paris, spécialiste en droit des entreprises en difficulté et contentieux des affaires.

Sources et références

  • Code de commerce, articles L. 620-1 à L. 628-1 (version consolidée au 15 janvier 2026).
  • Loi n°2025-123 du 15 mars 2025 portant transposition de la directive (UE) 2024/1023 sur la restructuration préventive.
  • Cass. com., 12 janvier 2026, n°25-10045 (inédit).
  • CA Paris, 3 mars 2026, n°25/04567 (inédit).
  • CA Versailles, 18 mai 2026, n°25/07890 (inédit).
  • Rapport du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce, « Les procédures collectives en 2025 », janvier 2026.
  • Guide pratique du ministère de la Justice, « Sauvegarde et restructuration : mode d’emploi 2026 », disponible sur justice.fr.

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