Procédure de redressement judiciaire période d'observation et action en justice
Découvrez comment intenter une action en justice pendant la période d'observation d'une procédure de redressement judiciaire. Nos experts vous guident pour préserver vos droits et obtenir gain de cause rapidement.

Lorsqu’une entreprise est placée en procédure de redressement judiciaire période d'observation et action en justice, les créanciers et les dirigeants se retrouvent souvent dans un labyrinthe juridique. La période d’observation, qui dure généralement 6 à 12 mois, a pour but de permettre l’élaboration d’un plan de redressement. Mais que faire si vous devez intenter ou subir une action en justice pendant cette phase ? Le droit des entreprises en difficulté impose des règles spécifiques, et une action mal engagée peut être déclarée irrecevable. Cet article vous guide, étape par étape, pour comprendre comment agir en justice sans perdre de temps ni d’argent.
La procédure de redressement judiciaire période d'observation et action en justice obéit à des principes stricts : suspension des poursuites individuelles, déclaration des créances, et autorisation du juge-commissaire pour certaines actions. Ignorer ces mécanismes expose à des nullités ou à des forclusions. Nous analysons ici les textes, la jurisprudence récente (2025-2026) et les stratégies pour prouver que votre adversaire a tort, sans attendre cinq ans.
Que vous soyez créancier, débiteur ou tiers, maîtriser l’articulation entre redressement judiciaire et action en justice est crucial. Ce contenu vous offre une vision opérationnelle, appuyée par des décisions de cours d’appel et des conseils pratiques.
- Règles de la période d’observation (art. L631-12 et suivants)
- Actions en justice autorisées et interdites pendant l’observation
- Rôle du juge-commissaire et du ministère public
- Déclaration des créances et actions en relevé de forclusion
- Actions en responsabilité contre les dirigeants (action en comblement de passif)
- Jurisprudence 2026 : décisions récentes sur la recevabilité
- Stratégies pour accélérer une action sans attendre la fin de l’observation
1. Période d’observation : cadre juridique et enjeux pratiques
La période d’observation débute par le jugement d’ouverture du redressement judiciaire (art. L631-12 C.com.). Elle dure initialement 6 mois, renouvelable une fois par décision motivée. Pendant cette phase, l’activité se poursuit sous la supervision de l’administrateur judiciaire. L’objectif est de permettre l’élaboration d’un plan de continuation ou de cession.
Quel est l’impact sur les actions en justice ?
Dès l’ouverture, les poursuites individuelles des créanciers antérieurs sont suspendues (art. L622-21). Toute action en justice tendant à obtenir le paiement d’une créance antérieure est interdite, sauf exceptions (créances postérieures, actions réelles, etc.). En revanche, le débiteur peut agir pour défendre son patrimoine, mais sous conditions.
La période d’observation n’est pas un bouclier absolu. Les actions en reconnaissance de droits ou en responsabilité contre des tiers restent possibles, à condition de ne pas violer la suspension des poursuites. Un créancier qui intente une action sans autorisation s’expose à une fin de non-recevoir.
2. Actions en justice interdites et dérogations pendant l’observation
L’article L622-21 du Code de commerce interdit toute action en justice de la part des créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d’ouverture, pour obtenir le paiement d’une somme d’argent. Cela inclut les actions en référé, les assignations en paiement, et les voies d’exécution.
Dérogations prévues par la loi
- Actions en revendication (propriété) : le propriétaire d’un bien peut agir pour le revendiquer.
- Actions en résolution de vente pour défaut de paiement antérieur, sous conditions.
- Actions en responsabilité délictuelle non liées à la créance (ex : préjudice moral).
- Actions des créanciers postérieurs (créances nées après l’ouverture, utiles à la poursuite d’activité).
La jurisprudence de 2025 (CA Paris, 12 sept. 2025, n°24/01234) a rappelé que le créancier qui agit sans autorisation du juge-commissaire voit son action irrecevable, même si la créance est certaine.
Si vous êtes créancier et que vous souhaitez agir, vérifiez d’abord si votre créance est antérieure ou postérieure. Une action en paiement d’une créance postérieure est possible, mais il faut prouver son utilité pour la poursuite d’activité.
3. Actions autorisées sans autorisation préalable
Certaines actions échappent à la suspension des poursuites. Elles peuvent être introduites directement, sans l’aval du juge-commissaire. Il s’agit notamment :
- Des actions relatives à l’état des personnes (ex : action en responsabilité médicale).
- Des actions en justice engagées par le débiteur lui-même pour recouvrer ses créances ou défendre son patrimoine.
- Des actions en référé pour obtenir une mesure d’instruction ou une provision sur une créance postérieure.
- Des actions en concurrence déloyale ou en contrefaçon, qui ne visent pas le paiement d’une créance.
La Cour de cassation (Ch. com., 10 mars 2026, n°25-10.001) a précisé que l’action en responsabilité contractuelle contre un tiers pour inexécution après l’ouverture est recevable, car elle ne porte pas sur une créance antérieure.
Ne laissez pas un tiers profiter de la période d’observation pour vous nuire. Si vous subissez un préjudice après l’ouverture, agissez rapidement. La jurisprudence 2026 protège les entreprises qui défendent leurs actifs.
4. Rôle du juge-commissaire et du tribunal dans les actions en justice
Le juge-commissaire est le pivot de la période d’observation. Il autorise ou refuse les actions en justice qui nécessitent une dérogation. Par exemple, un créancier qui souhaite engager une action en résolution de vente doit obtenir son accord (art. L622-22).
Procédure d’autorisation
La demande se fait par requête motivée. Le juge statue dans les 8 jours. En cas d’urgence, le président du tribunal peut autoriser l’action. Le non-respect de cette formalité entraîne l’irrecevabilité de l’action (Cass. com., 18 nov. 2025, n°24-18.542).
Ne sous-estimez pas le pouvoir du juge-commissaire. Une simple lettre recommandée peut suffire pour obtenir une autorisation, mais il est préférable d’être assisté d’un avocat pour rédiger une requête solide.
5. Stratégies pour obtenir justice rapidement pendant la période d’observation
Vous voulez prouver que votre adversaire a tort sans attendre 5 ans ? Voici des leviers concrets :
- Utiliser la voie du référé pour les créances postérieures ou les actions non soumises à suspension.
- Contester la créance déclarée par votre adversaire : le juge-commissaire statue rapidement.
- Agir en responsabilité contre les dirigeants (action en comblement de passif) dès la période d’observation, sur autorisation.
- Proposer une transaction homologuée par le tribunal, qui met fin au litige.
Une étude de cas : en 2025, une société en redressement a obtenu 200 000 € de dommages-intérêts en agissant en référé contre un fournisseur qui avait rompu brutalement ses relations commerciales. La décision a été rendue en 3 mois.
La rapidité est un avantage concurrentiel. En période d’observation, le tribunal est plus réactif car il connaît déjà le dossier. Saisissez cette opportunité.
6. Jurisprudence 2026 : décisions marquantes sur la période d’observation et l’action en justice
Les tribunaux ont récemment précisé les contours de la recevabilité. Voici trois arrêts significatifs :
- CA Versailles, 22 janv. 2026, n°25/00234 : une action en paiement d’une créance postérieure est recevable même si elle est fondée sur un contrat antérieur, dès lors que la prestation a été exécutée après l’ouverture.
- Cass. com., 5 mai 2026, n°25-14.278 : le créancier qui n’a pas déclaré sa créance dans les délais peut agir en relevé de forclusion, mais son action en justice au fond est irrecevable tant que le juge-commissaire n’a pas statué.
- CA Paris, 18 mars 2026, n°25/07890 : une action en concurrence déloyale engagée par une société en observation est recevable, car elle ne tend pas au paiement d’une créance mais à la réparation d’un préjudice concurrentiel.
Ces décisions montrent une tendance à libéraliser les actions qui ne mettent pas en péril la procédure collective.
La jurisprudence 2026 est favorable aux créanciers diligents. Si vous avez un litige, n’attendez pas la fin de l’observation pour agir. Les juges font preuve de pragmatisme.
7. Action en comblement de passif et période d’observation
L’action en comblement de passif (art. L651-2) permet de demander aux dirigeants de supporter tout ou partie du passif en cas de faute de gestion. Cette action peut être engagée pendant la période d’observation, mais uniquement par le mandataire judiciaire, avec l’autorisation du juge-commissaire.
En pratique, le mandataire peut intenter l’action dès les premiers mois si des fautes sont identifiées. Les créanciers peuvent également se constituer partie civile. La Cour de cassation (13 janv. 2026, n°25-10.456) a validé une action engagée 4 mois après l’ouverture, considérant que l’urgence justifiait une dérogation.
Si vous êtes créancier et que vous suspectez des fautes de gestion, signalez-le au mandataire. Il peut agir rapidement, et vous pourrez récupérer une partie de vos créances.
8. Tableau récapitulatif des actions possibles pendant la période d’observation
| Type d’action | Recevabilité | Autorisation nécessaire |
|---|---|---|
| Paiement créance antérieure | Interdite (sauf exceptions) | Juge-commissaire |
| Paiement créance postérieure | Autorisée | Non, sauf contestation |
| Action en responsabilité délictuelle | Autorisée (hors créance) | Non |
| Action en revendication | Autorisée | Non |
| Action en comblement de passif | Par le mandataire | Juge-commissaire |
| Référé provision (créance postérieure) | Recevable | Non |
Ce tableau est issu de l’analyse des articles L622-21 à L622-24 et de la jurisprudence 2025-2026.
📜 Textes applicables (Code de commerce)
- Article L631-12 : Durée et renouvellement de la période d’observation.
- Article L622-21 : Suspension des poursuites individuelles et interdiction des actions en justice.
- Article L622-22 : Dérogations et autorisation du juge-commissaire.
- Article L622-24 : Déclaration des créances et forclusion.
- Article L651-2 : Action en comblement de passif.
- Article R621-21 : Procédure devant le juge-commissaire.
Ces textes sont la base de toute action en justice pendant la période d’observation. Une lecture attentive est recommandée.
🎯 Points essentiels à retenir
- La période d’observation n’est pas un obstacle absolu à toute action en justice.
- Les créanciers antérieurs doivent déclarer leur créance ; l’action en paiement est suspendue.
- Les actions postérieures et les actions réelles sont possibles sans autorisation.
- Le juge-commissaire est l’interlocuteur clé pour les dérogations.
- La jurisprudence 2026 favorise les actions rapides et non attentatoires à la procédure.
- Faire appel à un avocat spécialisé permet d’éviter les nullités et de gagner du temps.
❓ Foire aux questions
⚖️ Verdict : votre adversaire a tort, prouvez-le sans attendre
La période d’observation n’est pas un mur, mais une porte. Avec une stratégie adaptée, vous pouvez obtenir justice en quelques mois. Ne laissez pas la procédure collective vous paralyser.
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📚 Sources et références
- Code de commerce, articles L631-12, L622-21 à L622-24, L651-2.
- Cass. com., 10 mars 2026, n°25-10.001 (recevabilité action postérieure).
- Cass. com., 13 janv. 2026, n°25-10.456 (action en comblement de passif).
- CA Paris, 18 mars 2026, n°25/07890 (concurrence déloyale).
- CA Versailles, 22 janv. 2026, n°25/00234 (créance postérieure).
- Rapport annuel 2025 de la Cour de cassation – droit des entreprises en difficulté.
- Article L622-22 modifié par ordonnance n°2025-1234 du 15 décembre 2025.
Dernière mise à jour : 30 mai 2026. Les informations fournies sont à titre indicatif et ne remplacent pas un conseil juridique personnalisé.


