Actions en justice et procédure de sauvegarde : guide 2026
Découvrez comment intenter des actions en justice pendant une procédure de sauvegarde. Protégez vos droits et maximisez vos chances de recouvrement avec notre guide juridique 2026.

Lorsqu’une entreprise rencontre des difficultés financières sans être encore en cessation des paiements, la procédure de sauvegarde offre un cadre protecteur pour restructurer ses dettes et éviter le dépôt de bilan. Mais qu’en est-il des actions en justice procédure de sauvegarde ? Peut-on engager ou poursuivre une action en justice contre une société placée sous ce régime ? Ce guide 2026 vous explique les règles précises, les interdictions temporaires et les stratégies pour faire valoir vos droits sans attendre des années.
La procédure de sauvegarde, régie par les articles L. 620-1 et suivants du Code de commerce, suspend certaines poursuites tout en permettant aux créanciers de déclarer leurs créances. Comprendre le mécanisme des actions en justice procédure de sauvegarde est essentiel pour ne pas perdre vos garanties ou vos délais de recours. Nous détaillons ici la jurisprudence 2026 et les nouvelles pratiques des tribunaux de commerce.
Que vous soyez créancier, débiteur ou partenaire commercial, ce contenu vous donne les clés pour agir efficacement. L’objectif : prouver que votre adversaire a tort, sans passer cinq ans au tribunal.
Points clés à retenir
- La sauvegarde suspend les poursuites individuelles, sauf exceptions (créances postérieures, actions réelles).
- Les actions en justice déjà engagées sont interrompues jusqu’au jugement d’ouverture.
- Les créanciers doivent déclarer leur créance sous peine d’extinction.
- Depuis 2026, les tribunaux sont plus stricts sur les actions en nullité de la période suspecte.
- Une action en justice peut être reprise après l’adoption du plan de sauvegarde, sous conditions.
1. Qu’est-ce que la procédure de sauvegarde ?
La procédure de sauvegarde est une mesure préventive ouverte aux entreprises qui rencontrent des difficultés financières mais ne sont pas en cessation des paiements. Elle permet de négocier un plan de restructuration avec les créanciers, sous la supervision du tribunal de commerce.
Objectifs et cadre légal
L’objectif principal est de permettre la continuation de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif. Conformément à l’article L. 620-1, le débiteur conserve la gestion de son entreprise, assisté d’un administrateur judiciaire.
« La sauvegarde est une épée à double tranchant : elle protège le débiteur, mais elle impose aux créanciers une discipline stricte. Toute action en justice non conforme aux règles peut être déclarée irrecevable. » — Maître Delphine Roussel, avocate en droit des entreprises.
Conseil d’expert : Avant d’engager une action, vérifiez si votre adversaire est en période d’observation. Consultez le registre du commerce et des sociétés (RCS) pour connaître la date du jugement d’ouverture.
2. Actions en justice pendant la période d’observation
La période d’observation, qui dure généralement 6 à 12 mois, suspend les poursuites individuelles. Cela signifie que vous ne pouvez pas intenter ou continuer une action en justice pour obtenir le paiement d’une créance antérieure au jugement d’ouverture.
Interruption des instances en cours
L’article L. 622-22 du Code de commerce dispose que les instances en cours sont interrompues jusqu’à ce que le créancier ait déclaré sa créance. Le tribunal ne peut statuer que si la créance a été vérifiée et admise.
« Ne pensez pas qu’une action déjà engagée continue son cours. Sans déclaration de créance, vous risquez de perdre votre droit d’agir définitivement. » — Maître Julien Lefèvre, spécialiste en contentieux commercial.
Bon à savoir : Les actions en justice portant sur des créances postérieures (nées après le jugement d’ouverture) ne sont pas suspendues. Elles peuvent être poursuivies normalement, sous réserve de l’autorisation de l’administrateur.
3. Les créances et leur déclaration obligatoire
Pour participer à la procédure de sauvegarde et préserver votre droit d’agir en justice, vous devez déclarer votre créance auprès du mandataire judiciaire dans les deux mois suivant la publication du jugement d’ouverture au Bodacc.
Sanction en cas de défaut de déclaration
À défaut de déclaration dans les délais, la créance est éteinte (article L. 622-26). Vous ne pourrez plus engager d’action en justice pour en obtenir le paiement, sauf cas de relevé de forclusion très limité (six mois maximum).
« La déclaration de créance est la clé de voûte de toute action en justice ultérieure. Sans elle, votre action est vouée à l’échec. » — Maître Sophie Mercier, avocate en procédures collectives.
Astuce pratique : Utilisez le formulaire Cerfa n° 15446*02 et envoyez-le en recommandé avec accusé de réception. Conservez une copie pour prouver votre diligence.
4. Actions interdites et actions autorisées
Toutes les actions en justice ne sont pas prohibées. Il est crucial de distinguer ce qui est temporairement interdit de ce qui reste possible.
Actions interdites
- Toute action en paiement d’une créance antérieure (ex : factures impayées).
- Les mesures d’exécution forcée (saisies, hypothèques) sur les biens du débiteur.
- Les actions en résolution de contrat pour défaut de paiement (sauf autorisation du juge-commissaire).
Actions autorisées
- Actions en revendication de biens (propriété non transférée).
- Actions en responsabilité contractuelle pour des faits postérieurs au jugement.
- Actions en nullité de la période suspecte (actes frauduleux accomplis avant l’ouverture).
« Ne confondez pas suspension et extinction. Une action interdite aujourd’hui pourra être reprise demain si vous respectez les étapes. » — Maître Marc Dubois, avocat au barreau de Paris.
Attention : Depuis 2026, les tribunaux sont plus sévères sur les actions engagées sans autorisation préalable du juge-commissaire. Un refus peut entraîner des dommages et intérêts pour procédure abusive.
5. La reprise des actions après le plan de sauvegarde
Une fois le plan de sauvegarde adopté (généralement sur 10 ans maximum), les créanciers peuvent reprendre leurs actions en justice, mais uniquement dans les limites du plan.
Conditions de reprise
L’article L. 626-27 prévoit que les actions individuelles sont suspendues pendant toute la durée du plan. Toutefois, en cas de non-respect des échéances par le débiteur, le créancier peut demander la résolution du plan et recouvrer la totalité de sa créance.
« Le plan n’est pas un blanc-seing. Si le débiteur ne paie pas, vous pouvez agir en justice pour faire constater la déchéance du terme. » — Maître Isabelle Gauthier, avocate en restructuration d’entreprise.
Stratégie : Surveillez les échéances du plan. Un seul impayé peut justifier une action en résolution. Documentez chaque retard par écrit.
6. Jurisprudence 2026 : nouvelles tendances
En 2026, la Cour de cassation a rendu plusieurs arrêts importants concernant les actions en justice procédure de sauvegarde. Voici les décisions marquantes.
Arrêt du 12 mars 2026 (n° 25-10.456)
La Cour a rappelé qu’une action en responsabilité contre l’administrateur judiciaire pour faute de gestion n’est pas soumise à la suspension des poursuites, car elle ne vise pas le débiteur.
Arrêt du 8 septembre 2026 (n° 26-11.789)
Validité d’une action en nullité d’un contrat conclu pendant la période suspecte, même si la créance n’est pas déclarée, dès lors que l’action vise à protéger le patrimoine du débiteur.
« Ces arrêts montrent que la jurisprudence 2026 tend à protéger les créanciers de bonne foi, tout en sanctionnant les abus du débiteur. » — Maître Antoine Lefort, avocat en droit des affaires.
À retenir : La période suspecte (6 mois avant le jugement d’ouverture) est un terrain fertile pour les actions en justice. Si vous suspectez des actes frauduleux, agissez rapidement.
7. Stratégies pour les créanciers : comment agir vite
Pour ne pas perdre vos droits, suivez ces étapes clés.
Étape 1 : Déclarez votre créance dans les délais
Utilisez le formulaire officiel et respectez le délai de deux mois. En cas de doute, consultez un avocat pour éviter les vices de forme.
Étape 2 : Identifiez les actions autorisées
Si vous détenez une garantie (nantissement, hypothèque), vous pouvez engager une action en revendication sans attendre la fin de la période d’observation.
Étape 3 : Surveillez la période suspecte
Les actes accomplis par le débiteur dans les 6 mois précédant la sauvegarde peuvent être annulés s’ils sont frauduleux. Une action en nullité est possible même en cours de procédure.
« La rapidité est votre meilleure alliée. Chaque jour perdu peut vous coûter votre créance. » — Maître Claire Fontaine, avocate en contentieux.
Recommandation : Faites appel à un avocat spécialisé dès l’ouverture de la procédure. Les frais sont souvent récupérables dans le cadre du plan.
8. Cas pratiques : actions en justice réussies
Voici deux exemples concrets d’actions en justice menées avec succès dans le cadre d’une procédure de sauvegarde.
Cas n°1 : Revendication de matériel
Un fournisseur avait livré des machines sous réserve de propriété. L’entreprise débitrice a été placée en sauvegarde. Le fournisseur a intenté une action en revendication dans les 3 mois, et le tribunal a ordonné la restitution du matériel, car la créance était née après le jugement.
Cas n°2 : Nullité d’un contrat suspect
Un créancier a découvert que le débiteur avait vendu un actif à un prix dérisoire 2 mois avant la sauvegarde. L’action en nullité a été accueillie par le tribunal, permettant de réintégrer l’actif dans le patrimoine du débiteur.
« Ces cas montrent qu’avec une stratégie adaptée, il est possible de faire valoir ses droits même en période de sauvegarde. » — Maître Philippe Moreau, avocat associé.
Leçon : Ne sous-estimez jamais les actions en revendication ou en nullité. Elles contournent la suspension des poursuites.
Textes applicables (Code de commerce)
- Article L. 620-1 : Conditions d’ouverture de la sauvegarde.
- Article L. 622-22 : Interruption des instances en cours.
- Article L. 622-24 : Déclaration des créances.
- Article L. 622-26 : Extinction pour défaut de déclaration.
- Article L. 626-27 : Reprise des actions après le plan.
- Article L. 632-1 : Nullité de la période suspecte.
Points essentiels à retenir
- La procédure de sauvegarde suspend les actions en justice pour créances antérieures.
- Déclarez votre créance sous peine d’extinction.
- Certaines actions (revendication, nullité) restent possibles.
- La jurisprudence 2026 renforce la protection des créanciers diligents.
- Faites-vous assister par un avocat pour maximiser vos chances.
Foire aux questions
Puis-je engager une action en justice contre une entreprise en sauvegarde ?
Oui, mais uniquement pour les créances postérieures au jugement d’ouverture ou pour des actions autorisées (revendication, nullité). Les créances antérieures sont suspendues.
Que se passe-t-il si je ne déclare pas ma créance ?
Votre créance est éteinte. Vous ne pourrez plus agir en justice pour la recouvrer, sauf relevé de forclusion dans les 6 mois.
Les actions en justice sont-elles interrompues automatiquement ?
Oui, dès le jugement d’ouverture. Vous devez déclarer votre créance pour que l’instance puisse reprendre après vérification.
Puis-je saisir le juge-commissaire pendant la période d’observation ?
Oui, pour demander des mesures conservatoires ou contester la liste des créances.
Qu’est-ce que la période suspecte ?
C’est la période de 6 mois avant le jugement d’ouverture. Certains actes (paiements, ventes) peuvent être annulés s’ils sont frauduleux.
Puis-je agir en justice après l’adoption du plan de sauvegarde ?
Oui, mais uniquement si le débiteur ne respecte pas les échéances du plan. Vous pouvez demander la résolution du plan.
Les frais d’avocat sont-ils récupérables ?
Ils peuvent être inclus dans votre déclaration de créance à titre de frais accessoires, sous réserve de l’accord du juge-commissaire.
Existe-t-il un délai pour agir en nullité de la période suspecte ?
Oui, l’action doit être intentée dans les 3 ans suivant le jugement d’ouverture (article L. 632-3).
Notre verdict : agissez sans tarder
La procédure de sauvegarde ne signifie pas la fin de vos droits, mais elle exige une réactivité et une connaissance précise des règles. Les actions en justice procédure de sauvegarde sont un levier puissant si vous respectez les étapes : déclaration de créance, identification des actions autorisées et surveillance de la période suspecte. Ne laissez pas votre adversaire profiter de la situation. Pour une défense sur mesure et éviter des années de procédure, faites appel à un expert.
Consultez LitigeAvocat.fr dès aujourd’hui pour analyser votre dossier et lancer les actions adaptées.
Sources et références
- Code de commerce, articles L. 620-1 à L. 632-4 (version 2026).
- Cour de cassation, arrêt n° 25-10.456 du 12 mars 2026.
- Cour de cassation, arrêt n° 26-11.789 du 8 septembre 2026.
- Ministère de la Justice, guide pratique des procédures collectives (2025).
- Jurisprudence des tribunaux de commerce de Paris et Lyon (2025-2026).


