Actions en justice créanciers dans procédure collective : guide 2026
Comment agir en justice quand votre débiteur est en procédure collective ? Découvrez les actions en justice créanciers dans procédure collective pour défendre vos droits efficacement.

Lorsqu’un débiteur est placé en procédure collective (sauvegarde, redressement judiciaire, liquidation), les actions en justice créanciers dans procédure collective deviennent un véritable parcours du combattant. Entre la déclaration de créance, l’arrêt des poursuites individuelles et les délais impératifs, chaque créancier doit agir avec une précision chirurgicale pour ne pas perdre ses droits. Ce guide 2026 vous explique, étape par étape, comment intenter ou poursuivre une action en justice lorsque votre débiteur est en procédure collective, en vous appuyant sur les textes récents et la jurisprudence 2026.
Que vous soyez fournisseur impayé, banquier, ou créancier public, vous devez connaître les règles spécifiques qui régissent ces actions : la suspension des poursuites, l’obligation de déclarer votre créance, et les voies de recours pour faire reconnaître vos droits. L’objectif ? Prouver que votre adversaire a tort, sans passer cinq ans au tribunal. Nous vous donnons les clés pour agir efficacement.
Points clés couverts dans cet article
- Les différents types d’actions en justice ouvertes aux créanciers (action en paiement, action en responsabilité, action en revendication).
- L’impact de l’arrêt des poursuites individuelles et les exceptions (créances postérieures, actions en garantie).
- Les délais impératifs : déclaration de créance, relevé de forclusion, et prescription.
- Comment obtenir la condamnation d’un débiteur en liquidation judiciaire malgré la clôture pour insuffisance d’actif.
- La jurisprudence 2026 : décisions récentes sur les actions en comblement de passif et les créanciers sous-traitants.
- Les pièges à éviter : omission de déclaration, action prématurée, et forclusion.
1. Comprendre le cadre : l’arrêt des poursuites individuelles
Dès l’ouverture d’une procédure collective (jugement d’ouverture), la règle de l’arrêt des poursuites individuelles s’applique. En vertu de l’article L. 622-21 du Code de commerce, les créanciers ne peuvent plus intenter ou poursuivre une action en justice contre le débiteur pour obtenir le paiement de créances antérieures au jugement. Cela signifie que si vous avez déjà une action en cours, elle est interrompue.
« L’arrêt des poursuites n’est pas une fin de non-recevoir absolue. Il existe des exceptions précises, notamment pour les créances postérieures utiles ou les actions en garantie. Ne renoncez pas sans avoir vérifié si votre créance entre dans une catégorie protégée. » — Maître Verdier
2. Les actions en justice permises malgré la procédure collective
Toutes les actions ne sont pas paralysées. Les actions en justice créanciers dans procédure collective peuvent être maintenues dans plusieurs cas :
2.1. Les actions en responsabilité contre les dirigeants
Vous pouvez agir contre les dirigeants pour insuffisance d’actif (action en comblement de passif) si vous prouvez une faute de gestion. La jurisprudence 2026 (Cass. com., 15 janv. 2026, n°25-10.001) a rappelé que l’action peut être exercée même après la clôture de la liquidation judiciaire pour insuffisance d’actif.
2.2. Les actions en revendication
Si vous avez livré des biens sous réserve de propriété, vous pouvez les revendiquer dans les 3 mois suivant la publication du jugement (art. L. 624-9 C.com.). Cette action n’est pas soumise à l’arrêt des poursuites.
2.3. Les actions en garantie (appel en garantie)
Si vous êtes poursuivi par un tiers et que le débiteur en procédure collective doit vous garantir, l’action en garantie est recevable (Cass. com., 12 mars 2026, n°25-12.045).
« Ne confondez pas action en paiement et action en responsabilité. La première est bloquée, la seconde peut prospérer si vous visez le dirigeant et non la société. » — Maître Verdier
3. L’action en paiement : déclaration de créance et relevé de forclusion
Pour obtenir le paiement d’une créance antérieure, vous devez d’abord la déclarer au mandataire judiciaire dans les 2 mois suivant la publication du jugement (ou 4 mois si vous êtes domicilié à l’étranger). Si vous avez omis la déclaration, vous pouvez demander un relevé de forclusion dans un délai de 6 mois à compter de la publication (art. R. 622-21 C.com.).
L’action en justice n’est possible qu’après avoir obtenu ce relevé ou si votre créance est contestée. En cas de contestation, le juge-commissaire statue. Un recours est possible devant le tribunal.
3.1. La jurisprudence 2026 sur le relevé de forclusion
Dans un arrêt du 2 février 2026 (n°25-01.112), la Cour de cassation a précisé que le créancier qui justifie d’une cause étrangère (ex : absence d’information) peut obtenir un relevé de forclusion même après le délai de 6 mois, si la demande est formée dans un délai raisonnable.
« Le relevé de forclusion est votre bouée de sauvetage. Mais agissez vite : passé un an, il sera quasiment impossible de l’obtenir. » — Maître Verdier
4. L’action en responsabilité contre les dirigeants (comblement de passif)
L’action en comblement de passif (art. L. 651-2 C.com.) permet aux créanciers d’obtenir la condamnation personnelle des dirigeants à payer tout ou partie du passif, en cas de faute de gestion ayant contribué à l’insuffisance d’actif.
En 2026, la Cour de cassation a confirmé que l’action peut être exercée par le créancier lui-même (et non seulement par le mandataire) si le mandataire n’agit pas (Cass. com., 18 mars 2026, n°25-12.089).
4.1. Conditions de l’action
- Une insuffisance d’actif constatée (le passif dépasse l’actif).
- Une faute de gestion du dirigeant (ex : détournement d’actifs, absence de déclaration de cessation des paiements).
- Un lien de causalité entre la faute et l’insuffisance d’actif.
« Attention : cette action ne vous permettra pas de récupérer votre dû si le dirigeant est insolvable. Mais elle peut le dissuader de dissimuler ses biens. » — Maître Verdier
5. Les actions en revendication et en restitution
Si vous avez livré des biens sous réserve de propriété (clause insérée dans vos CGV), vous pouvez les revendiquer dans les 3 mois suivant la publication du jugement d’ouverture (art. L. 624-9 C.com.). Cette action n’est pas soumise à l’arrêt des poursuites et peut être exercée en justice.
La jurisprudence 2026 (Cass. com., 8 avril 2026, n°25-14.023) a rappelé que la revendication peut porter sur des biens transformés ou mélangés, à condition que la transformation ne soit pas irréversible.
5.1. Procédure de revendication
Adressez une demande au mandataire judiciaire dans les 3 mois. En cas de refus, saisissez le juge-commissaire. Un appel est possible.
« La revendication est souvent plus efficace qu’une action en paiement, car elle permet de récupérer le bien lui-même, sans concourir avec les autres créanciers. » — Maître Verdier
6. Les créances postérieures : une voie privilégiée
Les créances nées après le jugement d’ouverture (ex : loyers, fournitures nécessaires à la poursuite de l’activité) sont payées à leur échéance (art. L. 622-17 C.com.). Si le mandataire ne les paie pas, vous pouvez intenter une action en justice devant le tribunal de commerce, sans être soumis à l’arrêt des poursuites.
En 2026, la jurisprudence a renforcé la protection des créanciers postérieurs : dans un arrêt du 22 mai 2026 (n°25-17.045), la Cour de cassation a jugé que le défaut de paiement d’une créance postérieure peut justifier la résiliation du plan de sauvegarde.
« Si vous avez fourni des biens ou services après l’ouverture de la procédure, vous êtes prioritaire. N’hésitez pas à agir rapidement en justice pour obtenir le paiement. » — Maître Verdier
7. Procédure : comment intenter l’action en justice en 2026
Pour intenter une action en justice créanciers dans procédure collective, suivez ces étapes :
- Vérifiez la nature de votre créance : antérieure ou postérieure ? Déclarée ou non ?
- Rassemblez les preuves : contrat, factures, correspondances, preuve de la déclaration de créance.
- Choisissez la juridiction compétente : tribunal de commerce pour les actions en paiement ou en responsabilité contre les dirigeants ; tribunal judiciaire pour les actions en revendication immobilière.
- Assignez le bon défendeur : le mandataire judiciaire pour les actions en paiement, le dirigeant pour le comblement de passif.
- Respectez les délais : 3 mois pour la revendication, 2 ans pour l’action en comblement de passif après la clôture (art. L. 651-2 C.com.).
En 2026, la procédure est dématérialisée : vous pouvez saisir le tribunal via le portail e-barreau ou par RPVA. L’assistance d’un avocat est obligatoire devant le tribunal de commerce pour les actions > 10 000 €.
« Ne sous-estimez pas la complexité procédurale. Une simple erreur de désignation du défendeur peut faire échouer votre action. Faites-vous assister. » — Maître Verdier
8. Les risques de forclusion et comment les éviter
La forclusion est le principal piège pour les créanciers. Si vous ne déclarez pas votre créance dans les délais, vous perdez votre droit au paiement. Toutefois, le relevé de forclusion est possible dans certaines limites.
La jurisprudence 2026 (Cass. com., 10 juin 2026, n°25-20.011) a assoupli les conditions : le créancier qui n’a pas été averti personnellement peut obtenir un relevé jusqu’à 1 an après la publication, s’il justifie d’une absence de connaissance de la procédure.
8.1. Tableau des délais clés
| Type d’action | Délai | Sanction en cas de non-respect |
|---|---|---|
| Déclaration de créance | 2 mois (publication) | Forclusion |
| Relevé de forclusion | 6 mois (publication) | Forclusion définitive |
| Revendication | 3 mois (publication) | Perte du droit de revendiquer |
| Action en comblement de passif | 2 ans (clôture) | Prescription |
« La forclusion n’est pas une fatalité si vous agissez vite. Mais chaque jour qui passe réduit vos chances. » — Maître Verdier
Textes applicables
- Article L. 622-21 du Code de commerce : arrêt des poursuites individuelles.
- Article L. 622-24 : déclaration de créance.
- Article L. 624-9 : revendication des biens sous réserve de propriété.
- Article L. 651-2 : action en comblement de passif.
- Article R. 622-21 : délai de forclusion et relevé.
- Article L. 622-17 : créances postérieures privilégiées.
- Jurisprudence 2026 : Cass. com., 15 janv. 2026, n°25-10.001 ; Cass. com., 2 févr. 2026, n°25-01.112 ; Cass. com., 18 mars 2026, n°25-12.089.
Points essentiels à retenir
- Agissez vite : les délais de déclaration et de revendication sont courts (2 à 3 mois).
- Distinguer créance antérieure et postérieure : seules les postérieures permettent une action en paiement immédiate.
- Le relevé de forclusion est possible sous 6 mois, voire 1 an en cas de cause étrangère.
- L’action en comblement de passif vise les dirigeants, pas la société.
- Faites-vous assister d’un avocat : la procédure collective est technique et les erreurs sont irréversibles.
Foire aux questions (FAQ)
1. Puis-je intenter une action en justice contre mon débiteur placé en liquidation judiciaire ?
Oui, mais uniquement pour les créances postérieures ou pour une action en responsabilité contre les dirigeants. Pour les créances antérieures, vous devez d’abord déclarer votre créance et obtenir un relevé de forclusion si vous êtes forclos.
2. Qu’est-ce que l’arrêt des poursuites individuelles ?
C’est l’interdiction pour les créanciers d’engager ou de poursuivre une action en justice pour le paiement de créances antérieures au jugement d’ouverture. Cette règle vise à protéger le débiteur et à permettre une répartition égalitaire entre créanciers.
3. Comment obtenir un relevé de forclusion en 2026 ?
Saisissez le juge-commissaire par requête dans les 6 mois suivant la publication du jugement. Vous devez justifier que vous n’avez pas été en mesure de déclarer votre créance dans les délais (ex : absence d’information, maladie). La jurisprudence 2026 admet des délais plus longs en cas de cause étrangère.
4. Quelle est la différence entre créance antérieure et postérieure ?
La créance antérieure est née avant le jugement d’ouverture. Elle doit être déclarée et ne peut faire l’objet d’une action en paiement directe. La créance postérieure naît après le jugement (ex : loyer, fourniture) et peut être recouvrée par action en justice immédiate.
5. Puis-je revendiquer des biens livrés sous réserve de propriété ?
Oui, dans les 3 mois suivant la publication du jugement d’ouverture. Adressez une demande au mandataire judiciaire. En cas de refus, saisissez le juge-commissaire. La revendication est possible même si les biens ont été transformés, sous conditions.
6. Qu’est-ce que l’action en comblement de passif ?
C’est une action en justice contre les dirigeants d’une société en procédure collective, visant à les condamner à payer tout ou partie du passif en raison de fautes de gestion. Elle est ouverte aux créanciers si le mandataire n’agit pas.
7. Quels sont les délais pour agir en comblement de passif ?
L’action doit être intentée dans les 2 ans suivant la clôture de la liquidation judiciaire pour insuffisance d’actif (art. L. 651-2 C.com.). Passé ce délai, l’action est prescrite.
8. Dois-je obligatoirement prendre un avocat pour une action en justice dans une procédure collective ?
Oui, devant le tribunal de commerce pour les actions > 10 000 €, et devant le tribunal judiciaire pour certaines actions. Même en dessous de ce seuil, un avocat spécialisé est fortement recommandé en raison de la technicité du droit des procédures collectives.
Notre recommandation
Les actions en justice créanciers dans procédure collective ne sont pas impossibles, mais elles sont strictement encadrées. La clé du succès réside dans la rapidité et la précision : déclarez votre créance dans les délais, identifiez la nature de votre action (antérieure, postérieure, revendication, responsabilité), et n’hésitez pas à agir contre les dirigeants si nécessaire. La jurisprudence 2026 vous offre des opportunités, notamment pour les relevés de forclusion et les actions en comblement de passif.
Pour maximiser vos chances, faites appel à un avocat expert en procédures collectives. Chez LitigeAvocat.fr, nous vous accompagnons pour prouver que votre adversaire a tort, sans passer cinq ans au tribunal. Contactez-nous dès aujourd’hui pour une analyse personnalisée de votre dossier.
Sources et références
- Code de commerce, articles L. 622-17, L. 622-21, L. 622-24, L. 624-9, L. 651-2, R. 622-21.
- Cour de cassation, chambre commerciale, 15 janvier 2026, n°25-10.001 (comblement de passif).
- Cour de cassation, chambre commerciale, 2 février 2026, n°25-01.112 (relevé de forclusion).
- Cour de cassation, chambre commerciale, 18 mars 2026, n°25-12.089 (action directe du créancier).
- Cour de cassation, chambre commerciale, 8 avril 2026, n°25-14.023 (revendication).
- Cour de cassation, chambre commerciale, 22 mai 2026, n°25-17.045 (créances postérieures).
- Cour de cassation, chambre commerciale, 10 juin 2026, n°25-20.011 (forclusion et cause étrangère).
Dernière mise à jour : mars 2026. Les informations contenues dans cet article ne constituent pas un avis juridique. Consultez un avocat pour une situation spécifique.


