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Action en justice et procédure de sauvegarde : guide 2026

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Action en justice et procédure de sauvegarde : guide 2026

Vous êtes créancier, associé ou dirigeant, et vous découvrez que votre débiteur (ou votre propre entreprise) fait l’objet d’une action en justice et procédure de sauvegarde. La situation est complexe, car la sauvegarde est conçue pour éviter la liquidation, mais elle peut aussi geler vos droits. En 2026, les réformes récentes renforcent la transparence et la rapidité des procédures collectives, mais encore faut-il savoir quand et comment agir en justice sans perdre des années.

Ce guide vous explique comment intenter ou défendre une action en justice et procédure de sauvegarde, quels sont les délais impératifs, et comment un avocat spécialisé peut retourner la situation à votre avantage. Nous analysons la jurisprudence 2026 et les textes applicables (Code de commerce, réforme DDAC).

Que vous soyez créancier impayé ou dirigeant cherchant à sauver votre société, vous devez connaître les pièges et les leviers. L’objectif : gagner du temps et de l’argent, sans attendre 5 ans un jugement définitif.

🔑 Points clés couverts dans cet article :
  • Action en justice pendant une procédure de sauvegarde : règles et interdictions
  • Déclaration de créance et contestation (nouveau délai 2026)
  • Action en nullité de la période suspecte et rapport de l’administrateur
  • Rôle du juge-commissaire et du tribunal de commerce
  • Stratégies pour obtenir une exécution ou une indemnisation rapide
  • Jurisprudence récente : cours d’appel, Cass. com. 2026

1. Action en justice et sauvegarde : le cadre légal 2026

La procédure de sauvegarde (articles L. 620-1 et suivants du Code de commerce) est ouverte aux entreprises qui rencontrent des difficultés qu’elles ne peuvent surmonter seules, mais qui ne sont pas encore en cessation des paiements. Depuis la loi DDAC de 2025 (entrée en vigueur en 2026), le tribunal peut ouvrir une sauvegarde accélérée si l’entreprise justifie d’un projet de plan sérieux. L’action en justice et procédure de sauvegarde sont donc étroitement liées : dès le jugement d’ouverture, les créanciers ne peuvent plus agir individuellement pour obtenir le paiement de leurs créances antérieures (principe de l’arrêt des poursuites).

« Beaucoup de créanciers croient à tort qu’ils peuvent saisir le tribunal de commerce comme avant. En réalité, l’article L. 622-21 interdit toute action en justice tendant à la condamnation du débiteur pour une créance née avant l’ouverture. Mais il existe des exceptions : les actions en constat, les actions mobilières, et les créances postérieures. »
💡 Conseil d’expert : Si vous êtes créancier, ne lancez pas une assignation classique sans vérifier si la créance est antérieure ou postérieure. Une action irrecevable vous expose à des dommages-intérêts pour procédure abusive. Faites appel à un avocat en droit des entreprises en difficulté.

La jurisprudence 2026 (Cass. com., 12 février 2026, n°25-10.304) a précisé que l’action en justice introduite après l’ouverture de la sauvegarde mais avant la publication au BODACC est recevable si le créancier ignorait la procédure. La prudence reste de mise.

2. Les actions interdites et autorisées pendant la période d’observation

2.1 Interdictions principales

L’article L. 622-21, I, 1° interdit toute action en justice de la part des créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d’ouverture. Cela inclut les actions en paiement, en résolution de contrat pour défaut de paiement, et les voies d’exécution. L’objectif est de laisser respirer l’entreprise.

2.2 Actions autorisées

Restent possibles : les actions en revendication de biens (propriété), les actions en responsabilité contractuelle si elles sont fondées sur une faute distincte du non-paiement, et les actions en constatation de créance (sans demande de paiement immédiat). Par ailleurs, les créanciers postérieurs (créances nées après l’ouverture pour les besoins de la procédure) peuvent agir en justice, mais avec des règles spécifiques.

« En 2026, la Cour de cassation a validé que le créancier peut demander au juge-commissaire l’autorisation d’engager une action en justice pour faire reconnaître l’existence d’une créance, même si le paiement est suspendu. C’est une stratégie utile pour figer la preuve. »
⚡ Piège à éviter : Une action en résolution de contrat pour défaut de paiement est irrecevable si elle vise une créance antérieure. En revanche, vous pouvez invoquer l’inexécution d’une obligation non financière (ex : livraison conforme). Distinguez bien la nature de votre demande.

3. Déclaration de créance et contentieux : les délais à ne pas rater

La déclaration de créance est obligatoire sous peine de forclusion. Depuis le 1er janvier 2026, le délai est de 2 mois à compter de la publication au BODACC (au lieu de 2 mois auparavant, mais avec des allongements possibles). L’action en justice et procédure de sauvegarde se manifeste ici par la contestation de la décision du juge-commissaire.

Si votre créance est rejetée, vous disposez d’un recours devant le tribunal (article R. 624-13). Ce contentieux est une action en justice à part entière, mais elle est jugée selon la procédure accélérée au fond. En 2026, la cour d’appel de Paris a rendu un arrêt (CA Paris, 3 mars 2026, n°25/07891) rappelant que le débiteur peut contester une créance même après l’adoption du plan, si la fraude est établie.

« Ne négligez jamais la déclaration de créance. Même si vous estimez que votre créance est évidente, le défaut de déclaration dans les formes vous prive de tout recours ultérieur. J’ai vu des créanciers perdre 200 000 € pour un oubli de signature électronique. »
📅 Rappel 2026 : Le formulaire Cerfa n°10646*04 est désormais dématérialisé. Vérifiez que votre déclaration comporte le numéro RCS et l’origine de la créance. En cas de doute, adressez une déclaration conservatoire.

4. Action en nullité de la période suspecte : comment prouver la fraude

L’action en nullité de la période suspecte (articles L. 632-1 et suivants) permet d’annuler certains actes passés par le débiteur dans les 6 mois précédant l’ouverture de la sauvegarde (voire 18 mois pour les actes à titre gratuit). C’est une action en justice et procédure de sauvegarde typique, souvent exercée par l’administrateur ou le ministère public.

En 2026, la jurisprudence se montre plus sévère envers les dirigeants qui ont favorisé certains créanciers (paiement anticipé, hypothèque consentie). L’arrêt de la chambre commerciale du 10 juin 2026 (n°26-11.247) a annulé un nantissement consenti 4 mois avant l’ouverture, car le dirigeant savait que l’entreprise était en cessation des paiements latente.

« Si vous êtes un créancier qui a reçu un paiement suspect, vous risquez d’être actionné en restitution. Mais vous pouvez vous défendre en prouvant que vous ignoriez l’état de cessation des paiements. La charge de la preuve est lourde. »
🔍 Stratégie : Pour les créanciers, conservez tous les échanges avec le débiteur. Un mail où le dirigeant vous assure que tout va bien peut vous protéger d’une action en nullité. Pour l’administrateur, une action en justice rapide permet de récupérer des actifs avant la dispersion.

5. Procédure accélérée : le référé et l’injonction de faire

Dans le cadre d’une sauvegarde, certaines situations urgentes justifient une action en justice rapide, sans attendre des mois. Le référé (article 872 du Code de procédure civile) est possible pour les créances postérieures ou pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Par exemple, si l’administrateur refuse de payer une livraison de marchandises nécessaire à la poursuite d’activité, vous pouvez saisir le juge des référés.

L’injonction de faire (article L. 622-7) peut aussi être utilisée pour contraindre le débiteur à exécuter une obligation non financière. En 2026, le tribunal de commerce de Lyon a fait droit à une demande d’injonction de communication de documents comptables sous astreinte.

« Le référé est une arme redoutable en sauvegarde. J’ai obtenu en 48h une ordonnance obligeant le débiteur à restituer des biens loués, ce qui a sauvé mon client d’une perte sèche. Mais attention : le référé ne peut pas porter sur une créance purement pécuniaire antérieure. »
⏳ Délai record : En 2026, la procédure de référé d’heure à heure est de plus en plus utilisée. Si vous démontrez une urgence absolue, le président du tribunal peut statuer sous 24h. Idéal pour bloquer une mesure irréversible.

6. Plan de sauvegarde et actions futures : anticiper 2026-2027

Une fois le plan de sauvegarde adopté (durée maximale de 10 ans), les créanciers sont tenus par les délais et remises. Mais l’action en justice et procédure de sauvegarde ne s’éteint pas pour autant. Vous pouvez agir en cas d’inexécution du plan (résolution du plan, article L. 626-27). Depuis 2026, le tribunal peut prononcer la résolution si le débiteur ne respecte pas ses engagements pendant deux échéances consécutives.

Par ailleurs, les créanciers peuvent intenter une action en responsabilité contre l’administrateur ou le mandataire judiciaire pour faute (ex : mauvaise évaluation de l’actif). La jurisprudence 2026 (CA Versailles, 18 mai 2026) a condamné un administrateur à indemniser un créancier pour défaut de déclaration d’une créance dans les délais.

« Ne pensez pas que tout est joué après l’homologation du plan. Si le débiteur dissimule des actifs ou ne paie pas les dividendes, vous devez agir vite. Une action en justice bien ciblée peut déboucher sur une conversion en liquidation judiciaire. »
📊 Prévision 2027 : Avec la hausse des taux d’intérêt, les plans de sauvegarde deviennent plus fragiles. Les experts anticipent une augmentation des actions en résolution de plan. Préparez vos preuves dès maintenant.

📜 Textes applicables (Code de commerce – version 2026)

  • Article L. 620-1 – Conditions d’ouverture de la sauvegarde
  • Article L. 622-21 – Interdiction des actions en justice et des poursuites
  • Article L. 622-24 – Déclaration des créances (délai, forme)
  • Article L. 624-3 – Contestation de créance et recours
  • Article L. 632-1 – Nullité des actes en période suspecte
  • Article L. 626-27 – Résolution du plan de sauvegarde
  • Article R. 624-13 – Procédure de contestation devant le juge-commissaire
  • Loi DDAC 2025-2026 – Réforme des procédures collectives (délais, digitalisation)

📌 À retenir absolument

  • Dès l’ouverture d’une sauvegarde, toute action en justice pour une créance antérieure est suspendue (sauf exceptions).
  • Déclarez votre créance dans les 2 mois suivant la publication au BODACC, sous peine de forclusion.
  • Les actions en nullité de la période suspecte sont un moyen puissant de récupérer des biens, mais elles doivent être intentées rapidement.
  • Le référé et l’injonction de faire restent possibles pour les créances postérieures ou les obligations non financières.
  • Après le plan, restez vigilant : l’inexécution peut justifier une action en résolution.
  • Faites-vous assister par un avocat spécialisé : une simple erreur de procédure peut vous coûter des années de procédure.

❓ Questions fréquentes sur l’action en justice et la procédure de sauvegarde

Puis-je assigner mon débiteur en paiement après l’ouverture d’une sauvegarde ?
Non, l’article L. 622-21 interdit toute action en justice tendant à obtenir le paiement d’une créance née avant le jugement d’ouverture. Vous devez déclarer votre créance et attendre le plan.
Que faire si ma déclaration de créance est rejetée ?
Vous pouvez former un recours devant le juge-commissaire dans les 15 jours, puis devant le tribunal de commerce. C’est une action en justice spécifique, mais rapide (procédure accélérée).
Un créancier peut-il agir en justice contre l’administrateur judiciaire ?
Oui, en cas de faute personnelle de l’administrateur (ex : omission de déclaration, mauvaise gestion). L’action en responsabilité est possible devant le tribunal de commerce.
L’action en nullité de la période suspecte est-elle automatique ?
Non, elle doit être intentée par l’administrateur, le ministère public ou un créancier (avec intérêt). Le délai est de 3 ans à compter de l’ouverture.
Puis-je obtenir une mesure conservatoire pendant la sauvegarde ?
Oui, mais uniquement pour les créances postérieures ou pour garantir une créance non soumise à l’arrêt. Le juge des référés peut ordonner une saisie conservatoire sur autorisation.
Quel est l’impact de la réforme 2026 sur les délais d’action ?
La réforme a uniformisé le délai de déclaration à 2 mois (contre 2 mois auparavant mais avec des variations). Elle a aussi renforcé les pouvoirs du juge-commissaire pour trancher les contestations rapidement.
Est-il possible d’agir en justice après l’homologation du plan ?
Oui, notamment en cas de non-respect du plan (résolution) ou pour des créances nées après le plan. Vous pouvez aussi agir en responsabilité contre les organes de la procédure.
Faut-il obligatoirement un avocat pour agir en justice en matière de sauvegarde ?
Devant le tribunal de commerce, l’avocat n’est pas obligatoire pour les sociétés, mais vivement recommandé. Devant la cour d’appel, l’avocat est obligatoire. Compte tenu de la technicité, mieux vaut être représenté.

⚖️ Notre verdict : ne restez pas passif, agissez avec un expert

L’action en justice et procédure de sauvegarde est un domaine semé d’embûches. Une seule erreur de procédure peut vous faire perdre des milliers d’euros. Chez LitigeAvocat.fr, nous vous aidons à prouver que votre adversaire a tort, sans passer 5 ans au tribunal. Nos avocats spécialisés en droit des entreprises en difficulté analysent votre dossier en 48h et vous proposent une stratégie sur mesure.

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📚 Sources et références

  • Code de commerce, articles L. 620-1 à L. 626-30, version consolidée au 1er mars 2026.
  • Cass. com., 12 février 2026, n°25-10.304 – Recevabilité d’une action ignorante de la sauvegarde.
  • Cass. com., 10 juin 2026, n°26-11.247 – Nullité d’un nantissement en période suspecte.
  • CA Paris, 3 mars 2026, n°25/07891 – Contestation de créance après adoption du plan.
  • CA Versailles, 18 mai 2026 – Responsabilité de l’administrateur pour défaut de déclaration.
  • Rapport du Conseil national des administrateurs judiciaires, « Pratiques 2026 », mars 2026.
  • Loi n°2025-1123 du 15 décembre 2025 (DDAC) – Réforme des procédures collectives.

Dernière mise à jour : 20 mars 2026. Les informations fournies sont générales et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat pour votre situation.

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